Le président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), M. Ahmed Ould Daddah, a exprimé, samedi à Nouakchott, sa confiance en "la capacité du président de la République à appréhender la situation du pays, eu égard à son expérience dans le domaine économique et son suivi quotidien, à travers les divers canaux d'informations, de ce qui se passe sur l'étendue du territoire national".
Le leader du RFD a aussi salué, au cours d'une conférence de presse tenue au siège de son parti, "le plan d'urgence du gouvernement visant à alléger les difficultés des citoyens liées à leurs conditions de vie". Il a déclaré, à ce sujet, que "la stratégie va dans le bon sens", précisant tout de même qu'il faut "prendre toutes les mesures nécessaires pour la réussite de ce plan" et disant "la prédisposition de l'opposition à coopérer avec le pouvoir dans ce sens".
M. Ahmed Ould Daddah a aussi précisé, au cours de cette conférence de presse, qu'il reste convaincu qu'il n'y a "pas de solutions aux problèmes des Mauritaniens en dehors du dialogue civilisé et responsable entre tous ceux qui ont en charge les affaires du pays, qu'ils soient du pouvoir, de l'opposition ou de la société civile".
Il a également déclaré que "l'opposition mauritanienne considère le dialogue comme une option et une conduite à privilégier" et que, depuis les derniers événements survenus en Mauritanie, "elle n'a pas encore introduit de demande pour rencontrer le président de la République pour discuter avec lui de l'évolution de la situation du pays".
M. Ahmed Ould Daddah a abordé la position de son parti à propos des événements passés, évoquant à ce sujet leurs causes ainsi que les mesures prises par le Gouvernement pour les traiter.
Il a rappelé que l'opposition avait "mis en garde le pouvoir, à travers les rencontres directes, les conférences de presse, les communiqués et les meetings, notamment le dernier qu'elle a tenu, contre les dangers de la situation économique du pays", estimant que celle-ci a atteint un "seuil intolérable nécessitant une réaction rapide de la part du pouvoir avant qu'un malheur n'arrive".
Le chef du RFD a déclaré que les autorités "ont continué à négliger les mises en garde de l'opposition, répondant à celles-ci, dernièrement, par une augmentation importante du prix des hydrocarbures, ce qui a contribué à l'exacerbation de la tension et a poussé les citoyens à manifester dans les rues".
Il "a regretté ce que ces manifestations ont engendré des pertes en vies humaines et matérielles", présentant, en cette occasion, ses "condoléances à la famille de la victime des événements de Kankossa".
Il a aussi dénoncé avec force "la répression contre les manifestants et l'utilisation des armes contre eux", demandant, à ce sujet, à diligenter "une enquête rapide et transparente sur ces événements, à prendre toutes les mesures pour que cela ne se produise plus et à chercher les causes qui sont à l'origine du mécontentement des populations qui, pour la première fois dans l'histoire de la Mauritanie, ont manifesté dans les rues pour demander l'amélioration de leurs conditions de vie".
M. Ould Daddah a mis en garde contre les plans et les idées de ceux qu'il a qualifié "d'adeptes de l'ancien régime qui cherchent, à travers l'influence sur les décisions, à ramener le pays à la case départ".
Il a aussi demandé au gouvernement de mettre en place "des politiques pour améliorer les conditions économiques des populations", indiquant que "des zones, notamment dans l'est du pays, sont restées en marge des investissements et que c'est à partir d'elles que les derniers événements sont partis".
Il a rappelé sa promesse électorale faite à Kiffa, lors de la dernière campagne présidentielle, de réaliser "des projets économiques dans ces zones, en cas de victoire".
Le président du RFD a insisté sur la nécessité de mettre en oeuvre, rapidement,"des réformes globales en tête desquelles la lutte contre la corruption, le détournement des biens publics, la réforme de l'Administration et l'encouragement de la production nationale par la mise en oeuvre de stratégies agricoles et pastorales garantissant un rendement plus important pour ces deux secteurs vitaux".
M. Ahmed Ould Daddah a aussi considéré que le taux d'intérêt de 12% qu'applique la BCM est "l'un des facteurs ayant participé à l'augmentation des prix", demandant à revoir cet intérêt en vue de prendre des mesures "fermes et efficaces pour surveiller le marché et les prix internationaux ainsi que la conformité de leur augmentation avec celle des marchandises et produits sur le marché national".
Il a en outre demandé de prendre les mesures qu'il faut pour "préserver les pâturages contre les feux de brousse et réaliser des points d'eau dans les zones de pâturage au profit des éleveurs". |